la recherche

La patte du flamant rose, La Recherche, novembre 2009, 435:98

ist2_4560209-pink-flamingo-cartoonLa Recherche réserve habituellement sa dernière page aux enfants, sous le titre de “Curiosités”. Cette fois, les enfants sont invités à visiter le zoo, et à poser la question traditionnelle: “dis, papa, pourquoi le flamant rose y se tient sur une seule patte?” Nous connaissons-tous la blague: s’il levait aussi l’autre patte, il se casserait la figure! Ou les arguments qui affirment que le flamant a deux pattes gauches!

Faisons confiance à La Recherche qui nous prend par la main et nous explique que le fait de n’avoir qu’une patte dans l’eau “aiderait [les oiseaux] à mieux supporter le froid qui les gagnerait si leurs deux pattes étaient mouillées”. Cela suppose que eau=froid. Alors pourquoi le flamant se perche-t-il sur une patte dans le cratère de Ngorongoro, ou dans tous autres pays tropicaux où, selon le bon M. Köppen, la température moyenne du mois le plus foid est supérieure à 18 degrés?

Allons, La Recherche, je sais bien que vous ne faites que répéter ce que vous avez trouvé sur le web (vous indiquez même la source!), mais continuez donc à chercher une réponse plus vraisemblable et -surtout- ne prenez pas les enfants pour plus naÏfs qu’ils ne sont!

Contre l’exclusivité de l’anglais, La recherche, mai 2009, 430:96.

Extrait de l’Opinion de Christian Darlot: Pour leur propre clarté d’esprit et pour maintenir leur fonction sociale, les chercheurs gagneraient certainement à employer la langue de la République, sans pour autant réduire leurs communications en langue anglaise. Ils gagneraient ainsi le sentiment de fierté modeste sans lequel aucune vie intellectuelle ni sociale n’est possible. L’usage de l’anglais dans le recherche est un fait, mais l’exclusivité consentie à l’anglais nuit à la position internationale de la France, ébranle sa cohésion sociale et affaiblit sa vitalité intellectuelle.

Ce qu'en pense Kroll

Exégèse

Pour leur propre clarté d’esprit: l’anglais rend confus, c’est bien connu; ce texte en est peut-être un bon exemple!

Et pour maintenir leur fonction sociale: quelle fonction sociale? Celle d’éclairer les masses? Quand je lis (Nature, mai 2009) Down’s syndrome suppression of tumour growth and the role of the calcineurin inhibitor DSCR1, je ne doute pas un instant que Marcel, Jean-Pierre et Armand eussent préféré lire La suppression de la croissance tumorale par le syndrome de Down et le rôle de l’inhibiteur de calcineurine DSCR1!

Les chercheurs gagneraient certainement à employer la langue de la République: le fait que le français soit la langue de la République dégoûtera certainement plus d’un Belge, Suisse, Canadien ou Sénégalais… Francophone, soit, mais républicano-francophone, non merci!

Sans pour autant réduire leurs communications en langue anglaise: on écrira donc en français pour les masses françaises et en anglais pour être lu. Ce faisant, on perdra aussi pas mal de temps, mais qu’importe, c’est pour la grandeur de la République!

Ils gagneraient ainsi le sentiment de fierté modeste sans lequel aucune vie intellectuelle ni sociale n’est possible: j’avais oublié cette vertu tellement française de fierté modeste, celle qui rend la vie sociale possible!

L’usage de l’anglais dans le recherche est un fait: ouf!

Mais l’exclusivité consentie à l’anglais nuit à la position internationale de la France: c’est le français qui nuit à position internationale de la France! Ce sont les championnats du monde d’orthographe de l’ami Pivot qui font rigoler la planète!

Ébranle sa cohésion sociale: bis repetita,.. Imaginez Pêr-Jakez Helias (a French author, poet, stage actor and radio worker: wikipedia) bretonnant Dieu sait quoi dans son patois atlantique, Brel bredouillant Zonder liefde warme liefde… Intolérable indeed.

Et affaiblit sa vitalité intellectuelle: faut pas se tromper de cible. Citons, dans le désordre, la position française sur la PAC, la centralisation, le mépris pour les cultures minoritaires, les combats d’arrière-garde, le sentiment de supériorité qui ne dit pas son nom – ou qui le dit! -, les grèves pour un oui ou pour un non (comparer avec l’Allemagne), la conviction d’être les seuls au monde à construire des trains rapides, les fusées françaises qui ne redeviennent européennes que lors des tirs manqués, la foi inébranlable dans la supériorité du pinard français… j’en passe, beaucoup!

La prophétie de Darlot se réalise, La recherche, juin 2009, 431:28.

 

Source: http://www.peppitext.de/WiCoHaushalt/Fleischwolf.gif

La machine à formules de Benoît Rittaud. Source: http://www.peppitext.de/WiCoHaushalt/Fleischwolf.giIf

Il avait bien raison, Christian Darlot qui, dès le mois de mai, nous mettait en garde contre les effets pernicieux de l’anglais pour la Recherche Française! En voici la preuve: le numéro de juin de La Recherche nous présente, sous la plume (euh, l’ordi?) de Benoît Rittaud Un algorithme pour découvrir des lois de la nature. Oui, des lois, article indéfini. Quelles lois? Des lois quelconques, des formules, quoi! Ah bon, vous m’en mettrez trois litres!

Comment on fait? Fastoche: Une idée est alors de mettre l’ordinateur à contribution, en lui faisant tester un grand nombre de formules (*) jusqu’à ce qu’il tombe sur une qui donne satisfaction. Y’en a des qui vont et des qui vont pas. Quand elles ne vont pas, on essaie d’avoir une autre idée, et ensuite on fait appel à un processus convenable. J’espère bien!

(*) Je passe sur l’ identification de lois à des “formules”.

Les bactéries ont-elles prévu les antibiotiques, La recherche, avril 2009, 429:17.

Olivier Donnars citant Danièle Joseleau-Petit, parle de la reproduction par “bourgeonnement” de bactéries ayant perdu leur paroi: elles libèrent à l’une de leur extrémités “une succession de bactéries rondes”. Un peu comme si elles pondaient!

“La plupart des bactéries ont conservé ce mécanisme ancestral comme un système de secours, au cas où leur paroi serait endommagée, notamment par des agents antibiotiques”

Futées, les bactéries!

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